Ragdoll, Daniel COLE

Ragdoll, Daniel COLE

Ce matin, un cadavre a été découvert à deux pas de l’appartement de William « Wolf » Fawkes, inspecteur à la Metropolitan Police de Londres. En fait, il ne s’agit pas exactement d’un cadavre mais de six, assemblés morceaux par morceaux en une sorte de poupée informe. Parmi les bouts de chair, le visage qui lui fait face lui rappelle quelque chose,  une vieille affaire douloureuse.

Alors quand la presse reçoit la liste des six prochaines victimes et la date de leur mort, le doute n’est plus permis, il faut désormais mettre en lumière ce qui les relie tous et surtout se lancer, au plus vite, à la poursuite d’un tueur sanguinaire et très déterminé.

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Ragdoll, ça veut dire quoi déjà ? « Poupée de chiffon ». Autrement dit, une bête infâme recréée par mélange de morceaux de cadavres. Six pour être exacte. Ragoûtant n’est-ce pas ? Et ce n’est pourtant qu’un début. S’ensuit une série de meurtres tous aussi imaginatifs les uns que les autres.

Des morts « innovantes » au service de la psychologie du tueur

Alors que de nombreux auteurs de policiers se chamaillent la palme de crimes les plus horribles et sanglants, d’autres réussissent à en faire une marque d’intelligence – machiavélique surtout – chez leur serial killer. C’est le cas de Daniel COLE. Sa façon de procéder ici ne me semble pas dédiée à répandre le dégoût, mais plutôt à montrer l’ambiguïté du “méchant”. Il n’est pas dérangé, il est vraiment (VRAIMENT) dangereux.

On s’inquiète… ou pas ?

La base est bonne, le travail de l’auteur plutôt bon. Sans être un chef d’oeuvre, ce roman est, à ses moments, du genre efficace. Mon bémol vient du rythme. Pas dans l’écriture pure. Non, l’intrigue se met en place très rapidement, dès les premières pages, et les chapitres sont courts. Ils sont tous décomposés en plusieurs scènes qui suivent l’avancée de l’enquête.

Par contre, j’avais envie que ce roman me coupe la respiration, qu’il me donne l’impression d’avoir couru à perdre haleine. C’est d’ailleurs ce que laissait présager l’histoire, avec ce terrible compte à rebours lancé à l’attention de quelques inconnus. Mais là où j’attendais sueurs froides, je n’ai eu droit qu’à des personnages froids, patients, calmes. Wolf – lui-même menacé – a l’air d’oublier la condamnation à mort qui pèse sur lui. De leur côté, les enquêteurs ne valent pas mieux. Si votre nom est inscrit en 4ème position sur la liste, alors attendez un peu que les trois autres aient passé l’arme à gauche pour qu’on vous recherche. Franchement, c’est crédible ça ?

Une écriture imprécise

J’avoue avoir eu un peu de mal à me plonger entièrement dans l’histoire. En fait, j’ai parfois eu la sensation d’être passée à côté de certaines informations, au point d’aller consulter mon ami Google pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une suite ! Cette sensation m’a suivie pendant une dizaine de chapitres.

Mais une fois cette première gêne passée, je vous rassure, je me suis prise au jeu. Je me suis même parfois exclamée – pardonnez mon langage – : « Eh merde ! ».

Un puzzle auquel il manque une ou deux pièces

Un fin en demi-teinte

Ragdoll se construit comme un puzzle, où chaque chapitre s’apparente à une pièce qui s’imbrique aux autres. L’intrigue est bonne, bien trouvée et nouvelle. Mais je reste tout de même sur ma faim. Je suis un peu déçue par le final qui – en plus d’être tiré par les cheveux – est en totale contradiction avec le reste du roman. Alors que chacun semblait sur la sellette, la fin transpire de facilité. C’est presque bâclé.

Un manque de franchise

Il y a quelques jours, je suis tombée sur une critique qui a réveillé en moi – et à l’égard du roman – une véritable frustration. Je remercie encore Books are my Wonderland d’avoir mis le doigt sur ce qui me gênait tant : les mensonges de l’auteur. En voulant offrir à ses lecteurs une fin des plus rocambolesques et un retournement de situation « exceptionnel », Daniel COLE a cru bon de transformer quelques réalités. Autant se le dire, c’est trop facile M. l’auteur ! Comment vous faire confiance si votre histoire est construite… eh bien sur des histoires !

Bref, j’avoue ne pas avoir été transportée par cette lecture. L’auteur connaît toutes les ficelles d’un bon thriller mais finit par nous abandonner à de simples raccourcis. Dommage ! Ça se lit tout de même vite et bien mais je doute d’en garder de véritables souvenirs.

 


Ragdoll, Daniel COLE
Aux Éditions Robert LAFFONT

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