La Fille d’avant, J.P. DELANEY

La Fille d'avant, JP DELANEY

Jane vient de vivre une douloureuse épreuve et a besoin de prendre du recul. L’opportunité semble toute trouvée lorsque le propriétaire d’une maison incroyable – un architecte énigmatique – lui accorde le droit de s’y installer. Malgré les nombreuses contraintes imposées pour jouir des lieux, la jeune femme se sent prête à tourner la page.

Mais poussée par une certaine curiosité, Jane découvre d’étranges informations concernant la précédente locataire, Emma. Décidée à en savoir plus, elle se lance alors dans des investigations plus dangereuses qu’elle ne l’imaginait.

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Petite parenthèse pour me la péter quelques secondes. Cette lecture m’a été rendue possible grâce à Mademoiselle lit et à son concours Instagram. J’ai ainsi eu la chance de recevoir une édition spéciale, de toute beauté – ça, il faut le reconnaître ! Alors, encore merci 🙂

Un thriller sauce 50 nuances de Grey

Bref, parlons du livre : La Fille d’avant est un thriller, ça ne fait aucun doute. Déjà, par sa construction narrative. Les chapitres portent la voix de deux personnages, Emma (Avant) & Jane (Maintenant). Leurs histoires se succèdent et se superposent. Elles se font très souvent écho au point que, dès le départ, la tension est présente. Cette transparence des faits laisse d’ailleurs présager une issue aussi dramatique pour l’une que pour l’autre… Qu’en est-il en vérité ? Lisez le livre, moi je ne spoile pas !

Le truc c’est que rapidement, l’histoire prend une autre tournure. Petit à petit, voilà nos protagonistes embarqués dans une pseudo romance où violence et érotisme se croisent. Christian Grey est-il de retour ? On pourrait presque y croire. Alors, détails importants pour l’histoire ou simple besoin d’ajouter du piment au récit ? Je ne sais dire. Dans une certaine mesure, cela contribue à montrer l’emprise qu’exerce Edward Monkford sur les deux jeunes femmes. Mais, parfois, franchement, on s’en passerait !

Au départ c’est bien… mais après…

L’intrigue démarre en fanfare, pas besoin d’attendre 150 pages donc pour que les choses se mettent en place (ALLELUIA). C’est là que la narration à deux voix est vraiment utile : les ressemblances sont là tout de suite, l’ambiance s’instaure rapidement, etc. Un pur thriller psychologique.

Viennent alors d’autres évènements, des douleurs qui resurgissent du passé d’Emma et de Jane, des sujets lourds de sens qui rendent pourraient rendre le roman plus complexe/complet. Enfin, en théorie. Parce que parler de mythomanie, de viol et de violences, de la difficile perte d’un enfant mais aussi d’amour et de dépendance sans pour autant développer la chose, c’est bien dommage. L’auteur aurait pu s’amuser à décortiquer ces thèmes et leur donner davantage de poids dans l’intrigue. Mais en définitive, il ne leur accorde que très peu d’importance. C’est surfait, parfois creux, et ça finit par supprimer tous les sentiments d’empathie que l’on pouvait ressentir à l’encontre de ses héroïnes.

Prenez Emma par exemple. Au début, elle semble fragile et perdue, on a presque envie de la prendre sous notre aile pour la protéger. Et puis, finalement, on ne la reconnait plus. Qui est-elle ? Pourquoi agit-elle de la sorte ? À quel jeu joue-t-elle ? À vouloir créer trop de rebondissements, JP DELANEY ne se serait-il pas un peu perdu lui-même ?

Un fin qui me laisse perplexe

Alors que ma lecture était plutôt fluide et agréable (rien de bluffant, mais aucun dégoût non plus), j’ai été coupée dans mon élan par la fin. Romancée à outrance et surtout… improbable. Quand je refermais le livre, je me mettais à douter : m’étais-je endormie ? Certaines pages étaient-elles collées ? J’avais comme l’impression d’avoir raté un épisode. Sans trop vous en dire, je n’ai pas réellement compris comment l’un des personnages – mystifié tout au long de l’histoire – pouvait tout à coup se transformer en agneau innocent (bon, un peu zinzin et égocentrique quand même). Pour moi, l’affaire a été classée trop vite et trop facilement. Dommage.

 


La Fille d’avant, JP DELANEY
Aux Éditions Mazarine

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Derrière la haine, Barbara ABEL

Derrière la haine, Barbara ABEL

Deux maisons, deux couples, deux vies, et pourtant une seule et même amitié. Celle de Tiphaine et Sylvain d’un côté, de Laetitia et David de l’autre. De leur mitoyenneté est née un véritable attachement ; ensemble, ils partagent tout. Et c’est côte à côte qu’ils accueillent leurs enfants : Milo et Maxime.

Ces deux-là sont inséparables, tout comme leurs parents. Et puis un jour, le drame. L’amitié est brisé, ne reste alors plus que la colère, la paranoïa, la vengeance, la haine…

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Contrairement à beaucoup de livres du genre, il ne s’agit pas de personnages mal intentionnés mais plutôt de souffrance, celle de la perte. Comment la disparation d’un être cher peut amener les gens à changer, à ne plus être que l’ombre d’eux-mêmes. Comment la douleur nous pousse à commettre des actes qui nous dépassent.

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